E-liquide AFNOR, la carte des fabricants certifiés en 2026
Le logo AFNOR s’affiche sur de nombreuses fiches produit, bannières et étiquettes de flacons. À le voir partout, on imagine un label largement partagé par les liquidiers. La liste officielle publiée par AFNOR Certification raconte une autre histoire. Qui fabrique réellement un e-liquide AFNOR en 2026, sur quels formats, et que révèle cette carte resserrée sur l’état du marché français du e-liquide ?
E-liquide AFNOR, six fabricants titulaires en mars 2026
Un e-liquide AFNOR, au sens strict, est une référence qui figure dans la liste des produits certifiés tenue par AFNOR Certification sous le code CDP001. Dans sa version du 24 mars 2026, ce document de 46 pages ne recense que six sociétés titulaires du droit d’usage de la marque NF, et deux distributeurs.
Les six fabricants sont VDLV à Cestas, D’Lice à Brive-la-Gaillarde, The Fuu à Paris, Liquidarom Distribution à Brignoles, Tevap à Agen et Cefop à Boissy-Saint-Léger. Les deux distributeurs sont Le Petit Vapoteur, à Cherbourg-en-Cotentin, et Vapostore, à Collégien. Toutes ces sociétés sont domiciliées en France.
Le constat est net. La certification couvre un cercle restreint d’industriels français, alors que la mention AFNOR circule bien au-delà, sur des pages marchandes qui ne distinguent pas toujours un produit certifié d’un produit simplement présenté comme conforme à la norme.
Une démarche volontaire née avant la loi
Pour lire cette liste, il faut la replacer dans son calendrier. La certification n’est pas une réponse à une obligation, elle a précédé une bonne partie du cadre légal actuel et reste facultative aujourd’hui.
Une série de normes publiée dès 2015
La série XP D90-300 date de mars 2015 pour ses deux premières parties, consacrées aux cigarettes électroniques et aux e-liquides, et de juillet 2016 pour la troisième, sur les émissions. Révisée en janvier 2022, elle reste en vigueur selon la boutique d’AFNOR Éditions. Pour un fabricant, s’en réclamer n’engage à aucun contrôle extérieur, alors que figurer dans la liste suppose de passer les contrôles de la certification.
La certification et le droit européen
AFNOR Certification présente son dispositif comme la première certification d’e-liquides dans le monde. Elle le rattache à la réglementation européenne sur les produits du tabac, transposée en droit français en mai 2016, qui plafonne notamment à 10 ml les flacons de recharge nicotinés et à 20 mg/ml leur taux de nicotine.
Côté fabricants, l’entrée s’est faite progressivement. The Fuu indique ainsi sur son blog avoir obtenu la certification en 2018, pour une partie de ses gammes seulement.
Ce que montre la liste CDP001, ligne par ligne
La liste se lit comme un relevé de marché. Chaque ligne associe un titulaire, une marque commerciale, une référence, un ratio indicatif PG/VG, des taux de nicotine et un ou plusieurs volumes.
Des gammes entières plutôt que des références isolées
Les titulaires font contrôler des gammes complètes, pas un flacon vitrine. On y retrouve chez VDLV les marques Vincent dans les Vapes et Cirkus, chez D’Lice ses recettes déclinées en plusieurs ratios, chez The Fuu plusieurs gammes dont Minimal, et chez Liquidarom des classiques en 70/30.
Une même recette peut d’ailleurs apparaître en 70/30, 60/40, 50/50 et 20/80. Pour un fabricant, chaque ratio et chaque taux supplémentaire élargit le périmètre à faire contrôler, ce qui donne une idée de l’investissement consenti.
Des formats qui suivent les usages
Les volumes listés tournent pour l’essentiel autour de 10 ml et 50 ml, avec quelques références en 40 ml. La liste comporte aussi des formats de vrac, plusieurs références Bobble de Cefop en 1 000 ml et une base DIY de The Fuu déclinée jusqu’à 5 000 ml.
Côté nicotine, deux familles de paliers coexistent. Certaines gammes se déclinent en 0, 3, 6, 12 et 16 mg/ml, d’autres seulement en 0, 10 et 20 mg/ml, paliers resserrés que l’on retrouve notamment sur des références distribuées et sur une partie de l’offre de The Fuu.
Le rôle des distributeurs sous licence
La seconde partie de la liste recense les produits distribués, c’est-à-dire fabriqués par un titulaire et vendus sous la marque d’une autre société. Le Petit Vapoteur et Vapostore y figurent avec leurs propres références.
Ce mécanisme permet à une enseigne de proposer un e-liquide AFNOR à son nom sans le fabriquer elle-même, dès lors que la ligne correspondante figure dans la liste.
Ce que la carte dit du marché après les jetables
La concentration de la certification n’a rien d’anodin. Elle éclaire un marché du e-liquide qui s’est structuré autour de quelques grands liquidiers français, au moment où le matériel rechargeable reprend la main.
Depuis l’interdiction de la puff inscrite dans la loi de 2025, la vape nicotinée passe par du matériel rechargeable, que l’on remplit avec des flacons nicotinés de 10 ml au plus. C’est précisément le segment où la certification est la plus présente dans la liste.
La fiscalité pèse aussi dans la balance. Le débat sur la taxe des e-liquides dans le budget 2026 a rappelé que le flacon reste au centre de l’attention réglementaire, ce qui donne du poids à tout dispositif capable de documenter sa fabrication.
Pour l’Observatoire, la liste CDP001 fonctionne donc comme un indicateur. Son nombre de titulaires, ses entrées et ses sorties d’une édition à l’autre renseignent sur la vitalité des fabricants nationaux mieux que n’importe quelle bannière promotionnelle.
Les normes européennes, l’autre front
La norme française n’est plus seule. En 2022, trois documents européens ont été repris dans la collection d’AFNOR, et ils dessinent un socle commun aux fabricants de toute l’Union.
La NF EN 17647, publiée en juillet 2022, fixe les principes généraux de fabrication, de remplissage et de conservation des e-liquides. La NF EN 17648, publiée en août 2022, porte sur les ingrédients. La XP CEN/TS 17633, parue en septembre 2022, décrit les essais de qualité et de taux de nicotine appliqués au e-liquide fini sur le site de production.
Ces textes se lisent ensemble, comme l’indique la fiche de la XP CEN/TS 17633. Leur existence relativise l’avance française, puisqu’un fabricant étranger peut désormais s’appuyer sur un référentiel européen pour décrire sa qualité, sans passer par la certification française.
Une carte des titulaires concentrée sur trois régions
Placée sur une carte, la liste dessine une géographie très resserrée. Trois des six fabricants sont installés en Nouvelle-Aquitaine, VDLV à Cestas en Gironde, D’Lice à Brive-la-Gaillarde en Corrèze et Tevap à Agen en Lot-et-Garonne. Deux sont en Île-de-France, The Fuu à Paris et Cefop à Boissy-Saint-Léger, et le dernier en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Liquidarom Distribution à Brignoles.
Les deux distributeurs complètent ce tracé sans l’élargir beaucoup, l’un à Cherbourg-en-Cotentin en Normandie, l’autre à Collégien en Seine-et-Marne. Aucune autre région n’apparaît dans l’édition de mars 2026.
Cette géographie servira de point de repère pour les prochaines éditions. Une nouvelle région, un titulaire étranger ou un fabricant qui disparaît d’une édition à l’autre seraient autant de signaux sur la place des liquidiers français dans un marché désormais tourné vers le matériel rechargeable.
Questions fréquentes
Ces questions reviennent quand on cherche à situer un flacon certifié dans le marché. Les réponses s’appuient sur les documents publiés par AFNOR.
Comment suivre l’évolution de la liste dans le temps ?
En comparant les dates d’édition, qui figurent en tête de chaque page. La liste annonce une mise à jour trimestrielle, ou plus rapide en cas de modification, ce qui permet de relever les entrées et les sorties d’une version à l’autre.
Les titulaires sont-ils tous des fabricants ?
Non. Six sociétés fabriquent les liquides certifiés, et deux distributeurs vendent sous leur propre marque des références fabriquées par un titulaire. Leurs lignes figurent dans une partie distincte de la liste.
La certification concerne-t-elle aussi le matériel de vape ?
Non. La liste CDP001 ne vise que des e-liquides. Le matériel relève de la partie 1 de la norme XP D90-300, qui fixe les exigences et méthodes d’essai propres aux cigarettes électroniques.
Les bases sans arôme peuvent-elles être certifiées ?
Oui. La liste comporte des bases neutres, par exemple des références 100 % propylène glycol et 100 % glycérine végétale chez Cefop, en 1 000 ml.
Que se passe-t-il si un titulaire quitte la certification ?
La liste ne recense que les produits certifiés à sa date d’édition, ses références n’y ont donc plus leur place. Comparer deux éditions successives permet ainsi de repérer les entrées et les sorties de fabricants.
E-liquide AFNOR, un indicateur à suivre d’une édition à l’autre
La certification reste une démarche volontaire, portée en 2026 par six fabricants et deux distributeurs, tous français. Cette carte resserrée contraste avec l’omniprésence du logo dans le commerce, et montre que la mention circule plus vite que la certification elle-même.
Pour suivre le marché, la meilleure source n’est pas la bannière mais la liste trimestrielle. L’Observatoire continuera de comparer ses éditions pour mesurer qui entre et qui sort du cercle de l’e-liquide AFNOR, et ce que ces mouvements disent de la place des liquidiers français face au matériel rechargeable.
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Contenu éditorial réservé à un public majeur. Les produits du vapotage peuvent contenir de la nicotine, une substance qui crée une dépendance. Cet article n’est pas une recommandation d’achat.