Klypse : le pod rechargeable face à la fin des jetables
Quand les dispositifs à usage unique ont quitté les rayons français, les boutiques ont mis en avant des appareils compacts capables de reprendre le même geste sans finir à la poubelle. Le Klypse d’Innokin fait partie de ceux que l’on retrouve le plus souvent dans cette catégorie. Format de stylo, aucun bouton, une cartouche que l’on remplit soi-même : sur le papier, la promesse est celle d’un objet aussi simple qu’une jetable, mais conçu pour durer. Reste à voir ce que cela change concrètement au quotidien.
Klypse : de quel appareil parle-t-on exactement
Le nom désigne aujourd’hui une famille entière, et c’est la première source de confusion. Innokin a décliné le concept en plusieurs versions successives : le Klypse original, puis le Klypse Zip, le Klypse Mecha, le Klypse Pro et le Klypse Plus.
Cet article porte sur le Klypse original, le modèle le plus dépouillé de la gamme, celui qui a été récompensé en 2022 par le prix du meilleur pod de Vaping Post et par les Vapexpo Awards. Les versions ultérieures ajoutent de la batterie, un écran ou un réglage de puissance, et ne se comportent donc pas de la même façon.
Un point commun relie néanmoins toute la famille : les cartouches de 2 ml sont partagées entre les différents modèles de la gamme. Un utilisateur qui change de boîtier retrouve donc le même consommable, ce qui limite le risque de se retrouver avec des pièces inutilisables.
Ce que contient réellement le kit
Le Klypse original tient dans un boîtier plat en alliage d’aluminium, de 94 mm de haut pour 29 mm de large et 15,2 mm d’épaisseur. Le gabarit est proche de celui d’un briquet allongé, ce qui explique une bonne partie de son succès auprès des anciens utilisateurs de formats jetables.
À l’intérieur, une batterie intégrée de 700 mAh, rechargeable par port USB-C. La charge complète prend moins d’une heure selon les fiches techniques du fabricant et des distributeurs. La puissance délivrée est plafonnée à 16 W et s’ajuste automatiquement : il n’y a ni bouton, ni écran, ni réglage d’air sur ce modèle précis.
L’appareil se déclenche à l’inhalation, comme une jetable. Un capuchon magnétique vient couvrir l’embout, détail rare sur ce segment, qui évite que la partie portée à la bouche traîne au fond d’une poche. La cartouche elle-même se fixe et se retire par aimantation.
Côté cartouche, la capacité est de 2 ml, avec un remplissage latéral et une résistance mesh intégrée de 0,8 ohm sur la version livrée dans le kit. Cette résistance n’est pas démontable : quand elle s’use, c’est la cartouche entière que l’on remplace.
Klypse et jetable : ce qui change vraiment au quotidien
C’est là que la comparaison devient intéressante, parce que le geste d’usage est presque identique et que tout le reste diffère.
Sur une jetable, il n’y avait rien à faire : on vapotait jusqu’à épuisement, puis l’objet partait avec sa batterie. Avec le Klypse, deux gestes nouveaux apparaissent. Le premier est le remplissage de la cartouche par l’ouverture latérale, avec le e-liquide de son choix. Le second est la recharge de la batterie, à brancher comme un téléphone.
En contrepartie, deux contraintes disparaissent. L’appareil ne se jette plus : il se conserve, et seul le consommable se renouvelle. Et le choix des saveurs n’est plus limité au catalogue d’un fabricant, puisque la cartouche est remplissable. C’est exactement la logique décrite dans notre panorama des alternatives durables aux jetables.
L’autonomie change aussi de nature. Une jetable annonçait un nombre de bouffées fixe, décroissant jusqu’à zéro. Ici, 700 mAh se rechargent indéfiniment, mais imposent un passage par le câble en fonction de l’intensité d’usage. Sur ce segment de capacité, la recharge quotidienne est la norme pour un usage soutenu.
Enfin, la maintenance existe, là où elle était nulle avant. Il faut surveiller le niveau de liquide pour ne pas faire chauffer une résistance à sec, et remplacer la cartouche quand le rendu de saveur se dégrade. Rien de technique, mais ce n’est plus le zéro entretien du jetable.
Les cartouches, le vrai consommable du Klypse
Sur ce type d’appareil, le boîtier est un achat unique et la cartouche revient régulièrement. C’est donc elle qui structure l’usage, et non la fiche technique de la batterie.
Les cartouches de la gamme se vendent le plus souvent par lot de trois dans les boutiques françaises, et existent en plusieurs valeurs de résistance. Les catalogues des revendeurs listent notamment des versions 0,6 ohm, 0,8 ohm et 1,2 ohm compatibles avec le Klypse et le Klypse Pro.
Ce choix n’est pas cosmétique : il détermine le type de tirage. La cartouche 1,2 ohm est orientée vers l’inhalation indirecte, au tirage serré. Les valeurs plus basses ouvrent le tirage et correspondent à une inhalation plus aérée, avec un rendu de vapeur différent.
Raisonner par le consommable plutôt que par l’appareil est d’ailleurs la lecture la plus utile pour un premier achat, comme nous l’avons détaillé dans notre analyse du coût de possession sur douze mois. Le boîtier se paie une fois, la cartouche revient toute l’année.
Ce que la fin des jetables implique pour ce format
La loi du 24 février 2025 interdisant les dispositifs de vapotage à usage unique ne vise pas la technologie de la vape, mais un format précis : celui de l’appareil non rechargeable et non rechargé en liquide. Un pod rechargeable et remplissable reste, lui, pleinement dans le cadre légal.
Le Klypse coche les deux critères qui l’excluent du champ de l’interdiction : sa batterie se recharge par USB-C et sa cartouche se remplit de e-liquide. C’est précisément ce qui explique la place prise par ce genre de matériel dans les linéaires après le retrait des jetables.
Le déplacement est aussi économique pour la filière. Le modèle du produit vendu puis jeté a laissé place à un modèle où le fabricant vend un boîtier durable et un flux de cartouches. Pour l’utilisateur, cela signifie un achat initial plus engageant et un renouvellement plus léger.
Reste que le format n’est pas exempt de contraintes matérielles. Une cartouche à résistance non démontable reste un consommable en plastique et en métal que l’on remplace périodiquement, même si le volume de déchets produits n’a rien de comparable à celui d’un appareil complet abandonné après quelques jours.
Questions fréquentes
Le Klypse est-il autorisé en France depuis l’interdiction des jetables ?
Oui. L’interdiction issue de la loi du 24 février 2025 vise les dispositifs de vapotage à usage unique. Un appareil dont la batterie se recharge et dont la cartouche se remplit n’entre pas dans ce périmètre.
Quelle est la capacité de la batterie du Klypse original ?
Le modèle original embarque une batterie intégrée de 700 mAh, rechargeable par port USB-C, pour une puissance délivrée plafonnée à 16 W. Les versions ultérieures de la gamme annoncent des capacités supérieures.
Faut-il changer la résistance ou la cartouche entière ?
La résistance est intégrée à la cartouche et n’est pas démontable. Lorsqu’elle s’use, c’est l’ensemble de la cartouche de 2 ml qui se remplace, généralement vendue par lot de trois.
Les cartouches sont-elles compatibles entre les différents modèles de la gamme ?
Les cartouches de 2 ml sont partagées par les modèles de la famille Klypse, ce qui permet de conserver son stock de consommables en changeant de boîtier au sein de la gamme.
Y a-t-il des réglages à faire sur le Klypse original ?
Non. Ce modèle fonctionne sans bouton, sans écran et sans réglage d’air. Il se déclenche à l’inhalation et adapte seul sa puissance. Ce sont les versions Mecha et Pro qui introduisent des réglages.
Ce qu’il faut retenir
Le Klypse illustre bien le basculement qui a suivi le retrait des jetables du marché français : un objet de même encombrement, au même geste, mais dont la batterie se recharge et dont la cartouche se remplit. Ce qui change au quotidien tient en deux gestes ajoutés, la recharge et le remplissage, et en deux contraintes retirées, l’autonomie qui s’épuise définitivement et le choix de saveurs imposé.
Pour l’Observatoire, ce type de pod restera un marqueur utile de l’après-jetable. Le format se juge moins sur sa fiche technique que sur son consommable, et c’est là que se joue la différence entre un appareil que l’on garde et un produit que l’on remplace. Les caractéristiques citées ici concernent le Klypse original, à ne pas confondre avec les déclinaisons Zip, Mecha, Pro et Plus, dont les capacités et les réglages diffèrent.
Contenu éditorial réservé à un public majeur. Les produits de vapotage contiennent de la nicotine, une substance qui crée une forte dépendance. Cet article n’est pas une recommandation d’achat.